[Reflexion] Le Bruit sur des Médias Sociaux

On entend souvent dire que les utilisateurs des médias sociaux génèrent du bruit. Moi-même, en tant qu’utilisateur de Twitter ou Facebook, je remarque souvent des posts n’amenant que peu de valeur ajoutée. La question que l’on peut se poser est « Ce bruit est-il bénéfique ou néfaste au message envoyé via les médias sociaux ? », « Ce bruit est-il indispensable ou peut-on (et doit-on) s’en passer ? »

Tout d’abord, rappelons ce qu’est la notion de « bruit », car il est toujours intéressant de repartir des bases. A l’origine, la notion de bruit est issue de l’électronique. Une onde se propageant dans un environnement (qu’il s’agisse d’une onde sonore ou électromagnétique comme celle de la radio) subit des interférences. Pour une onde radio par exemple, le bruit est communément appelé « friture », avec l’expression consacrée « Il y a de la friture sur la ligne » ! Cela signifie que le signal original, le message, est perturbé par des signaux extérieurs. Voici l’illustration visuelle du phénomène:

Un signal non bruité :

Signal non bruité

Source : http://www.aix-mrs.iufm.fr/formations/filieres/ge/data/siteDR/traitement_signal/pages%20html/correlation.htm

 

Un signal bruité / subissant des interférences :

Signal bruité

Source : http://www.aix-mrs.iufm.fr/formations/filieres/ge/data/siteDR/traitement_signal/pages%20html/correlation.htm

De quels bruits parle-t-on quand il s’agit des réseaux sociaux ? Ces bruits sont a priori tous les messages dont la valeur ajoutée est faible c’est à dire sans partage de lien, ne soulevant pas de question ou de réflexion ou sans réel destinataire. Par exemple :

Exemple de bruit sur Facebook

Exemple de bruit sur Facebook

Ainsi, selon une étude des universités Carnegie Mellon University, the Massachusetts Institute of Technology et the Georgia Institute of Technology, à peine plus d’un tiers des tweets valent le coup d’être lus.

Cette évaluation d’un tweet étant digne d’être lu ou pas a certes été évaluée par les suiveurs. Effectivement, tweeter « bonjour » ne semble pas très intéressant. Mais les médias sociaux ne sont-ils pas un endroit de conversation ? L’internet n’est-il pas défini comme un catalyseur des changements sociétaux où les consommateurs s’expriment, échangent et donnent leur opinion. N’est-il pas un déplacement ou plutôt une multiplication des conversations du monde réel vers un monde virtuel ? Dans ce contexte, la transposition des échanges, que l’on peut définir de futiles, de la vie réelle (IRL, In Real Life) vers le monde virtuel n’est-elle pas normale (voire nécessaire) ? En effet, si on devait décortiquer les conversations suivantes, quel serait le pourcentage des échanges ayant de la valeur :

  • avec son voisin de palier
  • à la machine à café, avec son collègue
  • lorsque l’on achète son pain
  • lorsque l’on va chez le coiffeur

Autant de situations où les phrases futiles sont non seulement acceptées mais exigées car elles constituent la politesse. C’est une manière admise de tous de se socialiser. Sans ces discussions, point de convivialité, pas d’opportunité pour une meilleure connaissance de l’autre, point de porte ouverte à l’humour.

D’ailleurs, en électronique non plus, cette perturbation de l’onde initiale n’est néfaste. C’est même le principe de fonctionnement la radio ou du CPL : l’onde principale dite porteuse véhicule l’information.

Dans ce cadre de réflexion, ne peut-on pas envisager ces messages a priori inutiles sous une autre perspective, non pas comme un brouilleur de signal mais plutôt comme une créateur de lien social digital ?

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